Marion MARÉCHAL (France)

@MarionMarechal

La dissuasion nucléaire française ne peut pas se partager.Seule la France doit pouvoir décider, en totale autonomie, en totale souveraineté, de l’usage de notre arsenal nucléaire. C’est un principe infrangible et non-négociable. Toute atteinte à notre territoire national et nos intérêts vitaux doit pouvoir être punie à la hauteur de la menace, par une décision unilatérale du Président de la République ; de même, seul le Président évalue quels sont exactement nos intérêts vitaux et le degré exact de la menace.Dans le même temps, les intérêts vitaux de la France ne se limitent pas au cadre hexagonal. C’est une constante depuis l’origine même de la dissuasion nucléaire française : le général de Gaulle disait déjà en 1964 que « la France doit se sentir menacée dès que les territoires de l’Allemagne fédérale et du Benelux seraient violés ». C’est une constante assumée par tous nos dirigeants depuis, son caractère visionnaire est parfaitement démontré par l’actualité européenne et internationale.C’est cet ensemble de modalités floues qui fonde l’ambiguïté stratégique française. Et c’est sur cette ambiguïté stratégique que repose la dissuasion nucléaire, clef de voûte de notre appareil militaire.Les annonces d’Emmanuel Macron, qui souhaite stationner des missiles nucléaires en Europe sans en céder ou en partager le contrôle, ne semblent ainsi pas violer les fondamentaux de notre doctrine de dissuasion nucléaire. Cette idée s’apparente à la réalité déjà effective de nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins : une projection de notre puissance française au-delà de nos frontières. De même, la participation de nos alliés européens aux exercices militaires impliquant des simulations de frappes nucléaires renforce notre rôle de meneur stratégique en matière de défense en Europe.Notre armée est restée un atout majeur. C’est l’opportunité d’appuyer un regain d’influence française en Europe et dans le monde sur un des rares éléments de notre puissance et de notre crédibilité qu’Emmanuel Macron n’a pas dégradés. Le monde redevient instable et dangereux ; la France et l’Europe doivent pouvoir se défendre seules, avec des alliés, mais sans en dépendre. Il est donc impératif de renforcer la préférence européenne en matière de défense, pour renforcer notre base industrielle et technologique de défense et augmenter nos capacités de production.Notre sécurité se joue au-delà de nos frontières. Toute l’histoire de France le démontre. Si je m’opposerai fermement à l’émergence d’un principe de codécision dans l’emploi de notre force nucléaire, je ne peux qu’encourager la France à occuper sa place dans la sécurité de notre continent : la première.__📲 Relayez sur X !👉 Adhérez à Identité Libertés !

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